3 questions à Anick Rosas, psycho-praticienne: Surmonter l’Etat de Stress Post traumatique

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Au lendemain du 13 novembre, les mairies, les associations, l’assistance publique-Hôpitaux de Paris se sont mobilisés pour venir en aide aux  milliers de personnes blessées moralement.  Il a fallu en urgence panser les plaies, au propre comme au figuré, et prévenir les états de stress post-traumatique (ESPT). Hadda a posé trois questions à Anick Rosas, praticienne en psychothérapie.

Qu’est-ce que l’Etat de Stress Post traumatique ?

Les symptômes caractéristiques : peur intense,  sentiment d’horreur, d’impuissance. Le traumatisme peut être revécu à travers des cauchemars, des flash-backs, des pensées obsédantes et intrusives. Le patient peut présenter des comportements d’évitement (il évite le lieu du drame) ou, au contraire, est incapable de se remémorer la scène. Parfois, il est comme anesthésié émotionnellement, sans envie, sans désir. Il peut être hyperactif, hypervigilant, manifester des troubles du sommeil ou de la concentration, se sentir en permanence menacé. Ou bien, en « dissociation péritraumatique » : il raconte le drame comme s’il s’agissait d’une fiction. L’ESPT est diagnostiqué lorsque ces symptômes persistent au-delà d’un mois. Ils  débutent habituellement dans les trois premiers mois après le traumatisme ou même plusieurs années. Ainsi, dans quelques semaines, nous devons nous attendre à avoir une recrudescence d’ESPT. Dès les premiers signes, il faut agir. L’entourage se doit d’être vigilant.

Les thérapies appropriées ?

Tout d’abord, encourageons  la personne à exprimer ses émotions par la parole, la créativité, l’expression corporelle. L’écouter, lui expliquer clairement de quoi elle souffre et pourquoi  c’est tout à fait normal. Elle doit accepter de ne pas aller bien. Il existe aussi des outils dédiés. L’EMDR (« Eyes movement desensitization and reprocessing  ») ou technique des mouvements oculaires qui a  vraiment fait ses preuves malgré sa désopilante simplicité. Pour résumer, le patient doit revivre la scène et l’émotion qu’elle a suscitée en suivant les mouvements d’allers -retours très cadencés, précis et réguliers que le praticien effectue avec sa main, de gauche à droite, devant ses yeux. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), ensuite. Une relaxation est préconisée en début de séance pour détendre le patient: technique de contraction-décontraction des muscles (relaxation de Jacobson) ou auto-induction par des techniques d’auto – hypnose (training autogène de Schultz). Le thérapeute  demande ensuite au patient de se représenter en imagination plusieurs étapes, le rapprochant progressivement de la situation traumatisante. Une fois toutes les étapes franchies et dédramatisées, il pourra entreprendre la désensibilisation in situ, en immersion.

D’ autres pathologies 

Les séquelles d’un traumatisme comme les attentats du 13 novembre peuvent également se traduire par des troubles anxieux, de la dépression, de l’addiction. Sans parler des témoins  du massacre qui vont devoir survivre alors que leurs repères s’écroulent. C’est le « syndrome de Lazare ». Evidemment,  le fait de se confier  à ses  proches est primordial. La famille et les amis doivent les  soutenir pour qu’il s’exprime sans culpabilité. Car la culpabilité est souvent énorme. Ceux qui n’ont pas été directement impactés ont aussi le « droit » d’être bouleversés. La situation inédite dépasse les stratégies de défense habituelles. Ils s’identifient parfois aux victimes ou revivent à  travers ce drame d’autres drames ou blessures de leur histoire  intime : deuils mal faits, sentiment d’abandon…Beaucoup souffrent en silence. Evidemment, évitons  de juger les réactions, si bizarres soient-elles, qui pourraient être prises pour des agressions. Enfin, ne pas  minimiser l’ampleur du drame ou  ses conséquences  avec des formules comme « Le temps va tout effacer » même si on l’espère. Reconcentrons-nous  dans la mesure du possible sur l’essentiel : l’amour en particulier.

 mePropos recueillis par Hadda
 

Une réflexion au sujet de « 3 questions à Anick Rosas, psycho-praticienne: Surmonter l’Etat de Stress Post traumatique »

  1. stress

    Bonjour, merci beaucoup pour l’ensemble de ces informations, j’ai appris beaucoup, je connaissais rien à tout cela, s’il vous plait continuez à diffusez de nombreux articles de ce style, je vois la vie autrement maintenant. Merci…

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