3 questions à Claire DUVAL, Sophrologue : les acouphènes

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Claire DUVAL est sophrologue, spécialisée dans la prise en charge des personnes souffrant d’acouphènes et/ou d’hyperacousie.

Claire DUVAL, pouvez vous nous dire ce que sont les acouphènes et quelles sont leurs causes ?

L’acouphène peut se définir comme une perception sonore, en l’absence de tout stimulus extérieur. Il peut s’agir d’un sifflement, d’un bourdonnement, ou parfois d’un autre son, perçu dans une oreille, dans les deux ou encore dans la tête.

Il existe deux types d’acouphènes : les acouphènes dits « objectifs » sont minoritaires (environ 5 % des cas) et peuvent être entendus au stéthoscope par le médecin. La majorité des acouphènes sont donc « subjectifs» : seul le patient peut les entendre.

Pour comprendre la perception de l’acouphène, il faut savoir que, lorsqu’un son parvient au cerveau, celui-ci va analyser ces informations sonores qui vont déclencher, selon le cas, des réactions d’alerte, de peur, ou au contraire de plaisir, d’intérêt.

Suite à un dysfonctionnement du système auditif (perte d’audition ou autres causes, telles que médicaments ototoxiques1, traumatisme sonore, surdité brusque, traumatisme crânien ou cervical, pour n’en citer que quelques-unes), le cerveau ne va plus recevoir suffisamment d’informations. Il va alors augmenter son activité pour tenter de compenser. Cette hyperactivité neuronale va générer un signal nerveux interprété comme un son (l’acouphène).

En tout état de cause, la survenance d’acouphènes doit TOUJOURS conduire à consulter un médecin ORL.

L’acouphène peut s’accompagner d’hyperacousie, c’est-à-dire d’un abaissement anormal de la sensibilité à des sons, habituellement tolérés, qui deviennent douloureux.

L’acouphène est également souvent synonyme d’anxiété, de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, voire de dépression.

Ces troubles s’expliquent par le rôle important du cerveau émotionnel dans la perception de l’acouphène par le patient. En effet, notre cerveau émotionnel est en veille permanente pour nous avertir de ce qui peut constituer un danger et déclencher immédiatement une alarme qui va nous permettre d’agir.

Pour peu que l’état psycho-émotionnel du patient et le contexte particulier (qui peut être lié à du stress ou un événement de vie douloureux) s’y prêtent, cette perception inconnue que constitue pour lui l’acouphène va être perçue comme un signal d’alarme, générateur d’anxiété, de gêne et d’intolérance, affectant de façon plus ou moins sévère sa vie quotidienne.

Dans certains cas, la focalisation permanente sur l’acouphène va instaurer un « cercle vicieux » : l’attention portée à l’acouphène va amplifier considérablement la gêne et l’intolérance qui vont ainsi « s’auto-entretenir ».

Qu’apporte la sophrologie dans le traitement des personnes souffrant d’acouphènes et/ou d’hyperacousie ?

Il est important de souligner qu’il n’existe pas à ce jour de traitement curatif validé de l’acouphène (sauf pour les cas d’acouphènes objectifs pour lesquels l’anomalie à l’origine du symptôme peut être traitée spécifiquement par médication ou chirurgie).

La stratégie thérapeutique va le plus souvent consister à aider le patient à améliorer son adaptation au symptôme. C’est ce qu’on appelle le processus « d’habituation » : c’est un phénomène de plasticité neuronale par lequel un stimulus continu dépourvu de sens reste relégué au niveau de l’inconscient. Cette stratégie vise à amener le patient à classer le signal « acouphène » comme non dangereux, non intrusif pour lui et à le négliger.

C’est exactement le même processus que lorsque la pluie se met à tomber contre une vitre : au début, vous l’entendez et au bout de quelques minutes vous n’y faites plus attention.

La sophrologie2 s’inscrit parfaitement dans cette stratégie  et va donc pouvoir soulager la détresse de la personne souffrant d’acouphènes et/ou d’hyperacousie.

La prise en charge du patient acouphénique s’effectue souvent de façon globale dans le cadre du travail au sein d’une équipe pluri-disciplinaire fédérée par un médecin ORL et comprenant généralement, outre le médecin, un audioprothésiste, un acupuncteur, un ostéopathe, un psychologue, un sophrologue, pour prendre en compte toutes les répercussions de l’acouphène sur la vie quotidienne du patient.

La sophrologie va permettre au patient, par son influence sur le système nerveux et sur le système limbique (le « cerveau  des émotions »), de :

  • trouver la détente et le calme lui permettant de mettre le bruit parasite à distance ;

  • se « défocaliser » de l’acouphène et à prendre du recul sur le symptôme ;

  • être plus attentif aux messages de son corps ;

  • récupérer le sommeil et retrouver ainsi plus d’énergie et de vitalité.

C’est une thérapie brève (en général une dizaine de séances), qui propose des exercices simples et faciles à reproduire dans les circonstances de la vie quotidienne (travail, domicile, transports).

Ces exercices (respiration, prise de conscience du corps et de ses ressentis, relaxation et imagerie mentale) pratiqués régulièrement vont progressivement permettre au patient de négliger l’acouphène et de reprendre une vie normale.

Les progrès sont régulièrement mesurés au moyen d’un test scientifiquement validé et d’une échelle visuelle analogique (EVA) mesurant la gêne et l’intensité de l’acouphène.

Concrètement, comment se déroule une séance ?

Une séance de sophrologie dure environ une heure.

La première séance est plus longue (1 h 30 environ), car elle nécessite de la part du sophrologue la prise de connaissance de la personne qui vient le consulter, du contexte et des difficultés du patient, et suppose que ce dernier puisse se fixer l’objectif qu’il entend atteindre dans son parcours de sophrologie.

Dans la mesure du possible, au cours de cette séance, le sophrologue propose une courte pratique de respiration ou de relaxation.

Après cette première séance, le sophrologue va bâtir un protocole « sur mesure » basé sur les échanges avec le patient. Ce protocole pourra être modifié en fonction de l’évolution du patient et de sa façon de s’approprier les exercices.

Pour ce qui est des séances suivantes, la séance débute par un court échange entre le sophrologue et le patient, sur le vécu et les difficultés rencontrées depuis la dernière séance (5 à 10 minutes), puis le sophrologue guide le patient dans des exercices pratiques (conscience du corps dans la respiration et le mouvement, relaxation, imagerie mentale) pendant 40 minutes environ et la séance s’achève par l’expression par le patient de ses ressentis de la séance (environ 10 minutes).

Pour en savoir plus, 06 72 79 17 06

Ou www.claireduval-sophrologie.fr

1 C’est à dire toxiques pour l’oreille

2 La sophrologie est une méthode psycho-corporelle visant à l’harmonisation du corps et de l’esprit. Elle a été élaborée dans les années 1960 par un médecin neuro-psychiatre, le Docteur Alfonso CAYCEDO.

Une réflexion au sujet de « 3 questions à Claire DUVAL, Sophrologue : les acouphènes »

  1. Paule

    Excellent article et très complet. Je souffre d’acouphènes et il est vrai que ce n’est pas toujours facile à supporter. La sophrologie m’a beaucoup aidé à ce niveau et je vis mieux avec mes acouphènes depuis.

    Répondre

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