Anick Rosas travaille avec les enfants et ados hyper sensibles ou en échec scolaire

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Comment travailles-tu avec ceux qui sont réticents aux apprentissages scolaires ?

enfantLes apprentissages à l’école procèdent trop souvent de l’extérieur, de la hiérarchie, du savoir livresque, standardisé. Ils ne font pas appel aux singularités de chacun, à l’intériorité. Déjà, (je n’ai rien inventé), je reconnais l’enfant comme un être unique et nous évoquons ses aspirations, des motivations, des rêves, ses talents. Je l’encourage à faire le lien entre plusieurs matières. je respecte leurs différences comme autant de richesses. je les invite à oser être eux même, à accepter leurs intuitions, leur sensibilité, leur humour, à se connecter à leurs corps, à leur cœur. Pour bien vivre en société, il faut être en accord avec soi-même. Le développement personnel n’est pas réservé aux adultes. .

Avec quels outils ?

Je valorise la créativité afin de les préparer à vivre leur vie de façon autonome, à inventer différentes solutions. Jusqu’à 6 ans, l’enfant est très curieux du monde qui l’entoure. Son imagination l’aide à trouver des réponses à ses questions. Lorsqu’il s’amuse à « faire semblant », il active ses compétences sociales, lorsqu’il joue à la poupée, il active son empathie, lorsqu’il joue au héros, il développe sa confiance. Après 6 ans, s’il a un peu perdu sa spontanéité, le jeu permet à l’enfant de renouer avec le plaisir et donc avec l’apprentissage : on apprend mieux quand on s’amuse. Chaque jeu a son utilité et en les combinant l’on multiplie leur efficacité. En plus d’entraîner l’attention, la concentration et la mémoire, par exemple par la méditation, nous pouvons aussi entraîner le cerveau à développer du bien-être. En groupe, le jeu contribue au sentiment d’appartenance, à développer la solidarité, à verbaliser sa démarche , à accepter l’échec, le cadre, à trouver sa place. Pour résumer, le jeu a une fonction cognitive : il permet à l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure et de mieux saisir les rapports entre le différents éléments de son environnement (lire le Piaget), affectif : le jeu est l’espace intermédiaire où se négocie pour l’enfant l’acceptation de la réalité ( lire Winnicott ) et social : le jeu est un agent d’intégration sociale et culturelle (lire Caillois).

Valoriser les apprentissages est essentiel, donc ?

Les neurosciences nous apprennent que notre cerveau comprend beaucoup mieux les messages positifs que les messages négatifs. Au lieu de dire à un enfant « ne cours pas partout », il est préférable de lui dire « marche doucement ». De même, ne les enfermons pas dans des rôles, même s’ils sont positifs « tu es un intello ». Trop difficile ensuite de s’en libérer et de choisir une autre voie ! Les injonctions reçues dans l’enfance se transforment ensuite en pensées limitantes.
L’important est de toujours juger les actes et non l’enfant lui-même. Il a le droit de faire des erreurs. On lui dira « tu n’as pas réussi ton exercice mais tes erreurs vont t’aider à progresser » plutôt que « tu n’es pas attentif, tu ne vas pas y arriver ». Les parents et les éducateurs se focalisent d’avantage sur les comportements négatifs des enfants. Or, si on souhaite que l’enfant adopte des comportements positifs, il faut plutôt prêter attention aux comportements positifs. Il faut l’encourager et le complimenter.
Ce n’est pas pour cela que l’enfant a tous les pouvoirs. Poser des limites est structurant, il y a des règles de vie commune à respecter. La Communication Non Violente (CNV) permet de comprendre les motivations de l’enfant qui se moque, répond, teste, provoque. L’aspiration de l’enfant est d’éprouver ses capacités d’action tout en se confrontant à des limites. Le thérapeute (le parent, l’éducateur) peut dire à l’enfant que son comportement ne lui convient pas. « Je t’aime et j’ai envie de t’aider mais cette manière de faire de ta part ne me convient franchement pas. » Il peut exposer les conséquences des actes de l’enfant sans le punir « Quand tu fais ça avec moi, je me sens triste/ ça me fait mal au cœur/ je sens que quelque chose se ferme dans mon cœur. Du coup, je n’ai pas envie de jouer avec toi/ je n’éprouve plus de joie à te lire une histoire. »

A lire : Elever nos enfants avec bienveillance : L’approche de la communication non violente
de Marshall Rosenberg

Propos recueillis par Hadda Djeribi

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