Retour sur le café happy du 7 octobre: Dans la tête des hommes, conférence d’Alain Héril

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Un beau public a assisté à la conférence d’Alain Héril, psychanalyste, sexothérapeute, président d’honneur de l’association des Thérapeutes Parisiens, le 7 octobre dernier. « Dans la tête des hommes », le sujet fait mouche et l’auteur, du charisme à revendre, est passionné par son sujet

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Extraits : « Dans la tête des hommes, il y a souvent la peur de ne pas « être un homme, un vrai ». En séance, Alain entend souvent «  J’ai toujours l’impression que les autres hommes valent mieux que moi », « la sexualité de ma compagne me terrorise », « avec mon patron, je suis comme un gosse devant son père ». Ces confidences intimes interrogent le psychanalyste «  Qu’est-ce que ça dit du masculin de nos jours ? De l’évolution de l’homme ? De l’avenir du couple ? »

 

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Ils se confient sans tabous

Alain anime des groupes de paroles pour les hommes. « Ils se confient sans tabous, partagent leurs émotions ». Ensemble, ils dépassent le manque de père, l’appréhension  des femmes ou la rivalité masculine. Beaucoup sont dans la peur de l’ autre.

Le manque de père ? Pour beaucoup d’hommes, la question du lien avec le père se pose. Comment cela joue sur mon rapport à la sexualité ? A quel moment nous cessons d’être des fils ? Comment traverser l’ombre tutélaire?

« La sexualité de l’homme a longtemps semblé « aller de soi ». L’homme était un conquérant, un guerrier, un jouisseur alors que la femme était cantonnée à une place de soumission constante au désir masculin. Du coup, la sexualité masculine était reléguée du côté de « l’animalité ». Depuis plus d’un siècle, la sexualité est envisagée avec plus de nuances et les mouvements  de « libération sexuelle » des années 70 ont libéré les femmes d’une position d’attente pour les installer dans une revendication de la jouissance. Elles savent désormais qu’elles ne sont pas « manquantes » d’un « pénis royal ».

L’homme, fragilisé, n’arrive  plus à saisir la demande féminine et les injonctions paradoxales « je suis avec une compagne qui me demande à la fois d’être tendre, attentif, présent donc féminin et en même temps d’être dans ma puissance, de prendre le leadership de la relation. »

(…) On ne naît pas homme, on le devient. La masculinité se construit. Ce que la sexualité masculine a perdu en certitudes et en affirmation, elle l’a gagné en questionnements et en sensibilité.

Une autre manière d’être ensemble

Les hommes consultent de plus en plus pour des problèmes sexuels « Mon conscient veut l’érection mais mon inconscient ne veut pas la réaliser ». Il ne s’agit pas de « médicaliser » la sexualité mais de réfléchir à la relation à l’autre et à soi. Comment suis-je désiré (e), désirable, désirant ? Quelle est la différence entre le besoin et le désir, plus subtile, qui parle à la sensibilité, à l’âme ? Comment je joue avec toi ? (« il n’y a pas de jeu sans jouir »). L’homme et la femme doivent inventer une autre manière d’être ensemble, présents l’un à l’autre, se renouveler régulièrement. Affirmer sa puissance ne se fait pas contre l’autre ou à ses dépens mais avec le conjoint. Le couple a une valeur oxymoresque : on veut un quotidien mystérieux.

Bref, un homme différent est en train d’émerger fait de tendresse toute masculine. Une femme différente aussi. Le  couple nouveau est arrivé ?

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